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    Le coeur

     Hamon veut faire battre le coeur de la France. Depuis longtemps,je suis partisan du revenu universel et d'une stratégie globale pour économiser notre planète. C'est ce qu'il veut faire, c'et ce qui le distingue des autres candidats à la présidentielle. J'ai voté pour lui dimanche dernier et je voterai pour lui le 23 avril.

     La raison

     Les "gens raisonnables" critiquent le projet de revenu universel comme trop coûteux et incitant à la paresse.

     Sur le financement, tous les soi-disant spécialistes avancent des chiffres et des arguments contradictoires. Aucun ne présente un bilan clair et sincère des coûts réels et des économies qu'il permettrait. Benoît Hamon a chiffré sa première étape à 48 milliards, financés par une réduction du CICE et des impôts sur les plu aisés. Personne ne conteste ces chiffres. Les oppositions viennent donc d'un refus politique. Fillon a parlé d'un "assistanat universel", et Valls pense que le revenu universel est étranger à "une société du travail". Je ne crois pas que quelqu'un qui toucherait 7 à 800 euros de revenu refuserait de travailler pour pouvoir faire un peu plus que payer son loyer … Le revenu universel est donc bien tel que Hamon le présente : un pilier de la sécurité sociale, une sorte de parachute pour tous.

     Les « gens raisonnables » trouvent aussi que « l'écologie, ça commence à bien faire » (dixit Sarkozy) … ou que ça coûte cher. Mais ce qui coûte cher, c'est notre mode de production et de consommation (eh oui, malgré les millions de gens sous-alimentés !). Nous consommons les ressources annuelles que peut nous fournir la Terre en huit mois, et vivons donc à crédit pendant quatre mois sur douze ! Est-ce cela être « raisonnable » ?

     Un dernier point sur le raisonnable. Il est clair qu'une candidature n'a de sens que si elle a de vraies chances de l'emporter et donc si elle peut rassembler au-delà de ses partisans.

     J'ai voté Peillon au premier tour de la primaire parce que je le voyais plus capable de faire une synthèse des idées des divers candidats. J'avais tort.

     Mélenchon, lui aussi, veut rassembler, mais autour de ses idées à lui. Aux autres de se rallier à sa ligne, pas question de bouger d'un iota. On dirait le PC de 1950 ! Et puis, que dire d'un président de la République « insoumis » ? Pourquoi pas un adjudant-chef antimilitariste ? Un camembert qui sent la rose ?

     Cazeneuve a dit justement à Hamon qu'il devrait reconnaître les mérites du quinquennat de Hollande. J'ai soutenu depuis longtemps François Hollande, en qui je vois un homme honnête qui réalise la difficile synthèse entre le réalisme et le souci de la justice sociale. On reparlera du bilan de Hollande en son temps, mais le dénigrer en bloc est évidemment injuste, et Hamon l'a reconnu, ce soir (lundi 30 janvier) sur la 2.

     Quant à Macron, que propose-t-il ? Les mesures type du libéralisme économique saupoudrée de quelques miettes sociales, et des dents longues...

     

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  •  Primaire de la gauche

     Au premier tour, j'ai voté pour Vincent Peillon. Un peu par enthousiasme (je le trouve sympathique et plusieurs de ses orientations me satisfont) et beaucoup par raison, parce que je croyais ses positions capables de rassembler largement la gauche, les gauches des modérés aux utopistes. Hamon aurait plus été mon candidat de cœur et moins mon candidat de raison, car je le trouvais trop marqué à gauche pour rallier une majorité. C'est maintenant lui qui représente la majorité, au moins parmi les électeurs de la primaire. J'espère qu'ils seront plus nombreux au second tour, car, c'est vrai, il l'a dit lui-même, montrant une lucidité que tous n'ont pas, il est celui qui représente plus l'espoir et la conviction, et que « le peuple de gauche » se réveillera et fera l'effort d'aller voter -pour lui- dimanche prochain.

     L'écologie

     L'écologie n'est pas « un plus ». Elle est au contraire au centre du problème de nos sociétés et du projet de Benoît Hamon. Les surcoûts de consommations énergétiques, de pollution, de nuisances à la santé grèvent lourdement nos économies en accroissant les dépenses de transport, de soins, de réparation des dégâts en tous genres et en limitant les capacités productives des personnes et des entreprises. Modifier profondément notre façon de produire et de consommer est indispensable et, même si cela dépend d'abord des acteurs économiques et sociaux, les pouvoirs publics, les politiques ont évidemment un rôle primordial à jouer en incitant et en aidant la transition.

     

    Revenu universel

     L'idée est une vieille idée du socialisme : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Elle est contraire, en effet, à une certaine idée « républicaine », qui veut que chacun vive des fruits de son travail. Je la trouve pourtant juste et profondément humaniste en ce qu'elle assure à chacun une sorte de parachute social, et exprime la solidarité de tous avec tous.

     Le débat a surtout porté sur sa faisabilité par rapport aux ressources du budget de l’État, son coût étant évalué entre 300 et 400 milliards €. Hamon a rabattu ses ambitions à une première étape de 48 milliards, ce qui reste encore très élevé, mais faisable. La mesure n'est peut-être pas prête à être mise en place rapidement, mais c'est une chose positive que d'ouvrir ce chantier.

     

    Économie sociale et solidaire

     C'est à mon sens l'avenir pour contrebalancer la sauvagerie du capitalisme. Qu'il s'agisse des mutuelles, des coopératives, des associations, les socialistes et les écologistes devraient en faire leur cheval de bataille et les appuyer de toutes leurs forces. C'était l'un des domaines d'action de Hamon dans son premier poste gouvernemental. Seul Vincent Peillon l'avait évoqué dans la campagne du premier tour, notamment dans un article paru dans le Monde.

     

    La santé

     Tous les candidats de gauche semblaient vouloir favoriser une médecine sociale de proximité, à travers des maisons de santé et/ou des dispensaires (je ne sais pas trop la différence que chacun fait entre les deux). Ça me paraît une évidence et on peut seulement se demander pourquoi la gauche ne l'a pas fait plus tôt !

     La prévention et la santé environnementale sont évidemment essentielles.

     

    Loi travail

     Cette loi comporte une révolution essentielle : centrer les droits des travailleurs non sur l'emploi, mais sur la personne, avec le compte personnel d'activité, créateur des droits à la formation, à la retraite, aux indemnités, etc.

     L'inversion de la hiérarchie des normes, entre la loi et la négociation, critiquée par Hamon, Mélenchon et autres frondeurs, n'est pas aussi radicale qu'ils veulent bien le présenter, car les négociations par branche sont favorisées et les négociations au niveau des entreprises sont contrôlées par les fédérations et peuvent faire l'objet de contestations. Le recours systématique à la loi dans les rapports entre salariés et employeurs n'est pas sain. Enfin, la loi donne des droits (de se syndiquer, par exemple) aux travailleurs « indépendants » (type Uber et autres).

     Cette loi n'est donc pas si mauvaise et même plutôt bonne, même si elle reste, bien sûr, amendable.

     

    « Rassembler », disent-ils …

     Valls, se projetant déjà dans la présidentielle, veut rassembler les Français, mais ne se préoccupe pas trop de rassembler, dans un premier temps et pour les primaires de la gauche, la gauche elle-même. Il a plutôt tendance à camper « droit dans ses bottes ». Hamon, lui, cherche à se positionner si nettement à gauche qu'il peut braquer les modérés, mais j'espère que ceux-ci seront assez intelligents pour s'unir derrière celui qui peut rassembler la gauche, préalable à un rassemblement des Français.

     

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  • Pour qui voter dimanche ?

     

     

    Choisir pour qui voter après-demain, même après trois débats, n'est pas évident. Je me suis donc mis les sept candidats par ordre alphabétique et je tente de peser le pour et le contre de chacun.

     

    1- Les candidats

     

    Benhamias

     

    Pour : Personnage sympathique, de la tchatche, un raisonnement fin et solide. Il associe bien l'écologie et l'économie. Se veut « réaliste ». Favorable au revenu universel.

     

    Contre : Un peu léger, primesautier. Le bon raisonnement ne suffit pas, il faut aussi savoir trouver les opportunités pour l'appliquer et l'inscrire dans une politique. N'a pas su défendre le revenu universel contre les critiques. Argumentations sur les prisons et sur le machisme pas très claires.

     

    De Rugy

     

    L'écologie réaliste, adaptée aux réalités économiques et politiques. Lucidité sur l'expansionnisme de la Russie de Poutine, et la culpabilité de Bachar el Hassad.

     

    Un peu froid, timide, peut-être ?

     

    Hamon

     

    Veut ancrer la gauche à gauche, contre ce qu'il estime avoir été une dérive de Hollande. Préconise le revenu universel. Propose une vraie intégration des préoccupations écologiques au programme de la gauche. Propose une « Vième république ».

     

    Veut abolir la loi travail au seul motif qu'elle a été adoptée grâce au 49-3, sans en reconnaître les points positifs. N'a pas bien défendu le revenu universel, et en a proposé une « première étape » réduite aux jeunes et aux précaires, ce qui revient à la proposition de Peillon de fusionner certaines aides sociales. La « Vième république » n'est pas bien claire.

     

    Montebourg

     

    Beaucoup d'assurance (un peu trop, même...). Propose une « Vième république ».

     

    Pense qu'il suffit de parler fort (ou de « casser la vaisselle »?) pour que les choses se fassent. Le protectionnisme dont il se réclame, européen à la différence du protectionnisme national de Le Pen, n'est pas réaliste. La « VIème république » n'est pas bien claire.

     

    Peillon

     

    Cherche à rassembler les diverses familles de la gauche. Précis et bienveillant. Met l'accent sur l'économie sociale et solidaire. Propose de doter les jeunes d'un capital leur permettant de « démarrer » dans la vie.

     

    Un air parfois distant. Ne sait pas se faire valoir dans les médias.

     

    Pinel

     

    L'air intelligente, sympathique, ouverte, sincère et sérieuse.

     

    Je ne sais plus très bien ce qu'elle propose !...

     

    Valls

     

    L'expérience du gouvernement, ancien ministre de l'Intérieur et ancien Premier ministre. Sérieux. Déterminé.

     

    Un peu trop « déterminé » ? N'en fait-il pas un peu trop ? Son sérieux et son volontarisme semblent un peu artificiels. Son programme ? Continuer ...

     

    2- Les thèmes

     

    Revenu universel

     

    L'idée est une vieille idée du socialisme : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins ». Elle est contraire, en effet, à une certaine idée « républicaine », qui veut que chacun vive des fruits de son travail. Je la trouve juste et profondément humaniste en ce qu'elle assure à chacun une sorte de parachute social.

     

    Le débat a surtout porté sur sa faisabilité par rapport aux ressources du budget de l’État, son coût étant évalué entre 300 et 400 milliards €. Hamon a rabattu ses ambitions à une première étape de 48 milliards, ce qui reste encore très élevé. On n'a pas bien compris les aides actuelles qui seraient supprimées en contrepartie du revenu universel.

     

    Conclusion : il est un peu tôt pour en parler comme d'une mesure à mettre en place rapidement. L'opinion n'est pas prête, les économistes non plus !

     

    VIème République

     

    Les institutions demanderaient sûrement un rajeunissement. Le problème est que chacun a sa petite idée (Mélenchon et Macron aussi …) et que personne n'en fait la synthèse (mais oui …).

     

    Une erreur est de dire que la Vème République est une monarchie républicaine. La preuve, c'est que Hollande n'a pas pu faire grand-chose de ce qu'il avait promis : le droit de vote des étrangers aux municipales n'avait pas la majorité parlementaire requise ; la déchéance de nationalité a été repoussée par le tollé des parlementaires de gauche ; la loi travail n'a pu passer que par le 49-3, les frondeurs ayant déposé plus de 5 000 amendements, etc. La République française reste une démocratie parlementaire, même si le Président y a des pouvoirs plus étendus que sous la IVème.

     

    Pour ma part, je pense qu'il faudrait renforcer le rôle du Conseil Economique, Social et Environnemental, en lui soumettant systématiquement pour avis tous les projets et propositions de loi dans ces domaines, et en lui permettant de présenter des propositions de loi. Aucun candidat ne l'a proposé et plusieurs semblent même vouloir supprimer cette instance.

     

    Loi travail

     

    Une seule personne (Sylvie Pinel ou Vincent Peillon?) a relevé la révolution essentielle de cette loi : centrer les droits des travailleurs non sur l'emploi, mais sur la personne, avec le compte personnel d'activité, créateur des droits à la formation, à la retraite, aux indemnités, etc.

     

    L'inversion de la hiérarchie des normes, entre la loi et la négociation, critiquée par Hamon, Mélenchon et autres frondeurs, n'est pas aussi radicale qu'ils veulent bien le présenter, car les négociations par branche sont favorisées et les négociations au niveau des entreprises sont contrôlées par les fédérations et peuvent faire l'objet de contestations. Le recours systématique à la loi dans les rapports entre salariés et employeurs n'est pas sain. Enfin, la loi donne des droits (de se syndiquer, par exemple) aux travailleurs « indépendants » (type Uber et autres).

     

    Cette loi n'est donc pas si mauvaise et même plutôt bonne, même si elle reste, bien sûr, amendable.

     

    La santé

     

    Tous les candidats semblent vouloir favoriser une médecine sociale de proximité, à travers des maisons de santé et/ou des dispensaires (je ne sais pas trop la différence que chacun fait entre les deux). Ça me paraît une évidence et on peut seulement se demander pourquoi la gauche ne l'a pas fait plus tôt !

     

    La prévention et la santé environnementale n'ont été évoquées que par De Rugy, Benhamias et Peillon, alors qu'elles sont évidemment essentielles.

     

    Économie sociale et solidaire

     

    C'est à mon sens l'avenir pour contrebalancer la sauvagerie du capitalisme. Qu'il s'agisse des mutuelles, des coopératives, des associations, les socialistes et les écologistes devraient en faire leur cheval de bataille et les appuyer de toutes leurs forces. Seul Vincent Peillon l'a évoqué, notamment dans un article paru dans le Monde.

     

    « Rassembler », disent-ils …

     

    Évidemment, tout le monde veut rassembler, rassembler la gauche, rassembler les gauches, rassembler tous les Français ! OK, ça devrait être évident si on veut être président de la République. Benhamias, De Rugy et Pinel, quelles que soient leurs qualités, ne me paraissent pas, dans l'état de leur notoriété et des compétences qui leur sont reconnues, en mesure de rassembler au-delà de leurs sympathisants proches. Valls, se projetant déjà dans la présidentielle, veut rassembler les Français, mais ne se préoccupe pas trop de rassembler, dans un premier temps et pour les primaires de la gauche, la gauche elle-même. Il a plutôt tendance à camper « droit dans ses bottes ». Montebourg continue de déverser sa rancœur sur le « quinquennat raté », et se présente comme le seul recours possible, avec son protectionnisme qu'il compte imposer à l'Allemagne (avec quelle force?), et reste donc très clivant, comme on dit maintenant. Hamon lui aussi cherche à se positionner si nettement à gauche qu'il ne peut que braquer les modérés.

     

    3- Pour qui je voterai dimanche

     

    Il reste donc Vincent Peillon, qui prône inlassablement cette réunion des gauches. Sera-t-il entendu ? J'en doute, tant les médias le boudent et tentent de le faire passer pour une sorte de professeur nimbus qui aurait inventé l'eau tiède. C'est pourtant lui, il me semble qui reste porteur d'une ligne à la fois sincèrement de gauche et réaliste.

     

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  • Ce qu'on appelle « la solution à deux États », c'est-à-dire le partage du territoire historique de la Galilée-Palestine-Judée-Samarie entre Palestiniens reconnus comme État à part entière, siégeant de plein droit à l'ONU, et les Israéliens, déjà reconnus comme État, est admise par la plupart des États, des gouvernements et des observateurs, comme étant la seule solution viable au conflit entre les deux peuples. Elle est aussi la seule solution qui ait une valeur légale, puisqu'elle résulte d'une résolution de l'ONU. Elle fixe donc un cadre juridique, mais est-elle pour autant « la » solution ? Je crois qu'une paix durable dépend aussi d'autres démarches, plus positives qu'une seule négociation sur le partage des terres et des ressources.

     

    Avantages de la solution à deux États

     

    • Elle est largement reconnue comme cadre légal du règlement du conflit ;

    • Elle satisfait l'orgueil national des Palestiniens, la reconnaissance de leur culture ;

    • Elle satisfait la peur des Israéliens d'être submergés par le nombre des Palestiniens, qui pourraient être majoritaires dans un seul État commun ;

    • Elle permet une gestion différenciée et décentralisée adaptée aux particularismes locaux.

     

    Inconvénients de la solution à deux États

     

    • Elle nécessite une partition territoriale, une division des richesses, des héritages, matériels et culturels, division qui ne peut être que source de conflits en cascade ;

    • Le morcellement de fait du territoire palestinien par les colonies rend difficilement viable un État dans lequel ses citoyens et même ses fonctionnaires pourraient à tout moment être empêchés de circuler. Rappeler le caractère illégal de ces colonies ne les fait pas disparaître pour autant.

    • Elle dépend presque exclusivement des négociations entre les autorités politiques. Or, il est vraisemblable que celles-ci, d'un côté comme de l'autre, ne souhaitent pas vraiment la paix, mais au contraire cherchent à faire perdurer le conflit.

     

    Impasse des négociations

     

    Depuis les résolutions de 1947, malgré les « accords » d'Oslo et de Camp David, les négociations pour l'établissement d'un État palestinien à côté de celui d'Israël échouent et chaque période d'apaisement n'est que le prélude à un rebondissement des affrontements. J'y vois trois raisons principales :

     

    1. Les États et partis politiques chargés de négocier n'ont pas intérêt à la paix. Que ce soit les gouvernements israélien, l'Autorité palestinienne, le Hamas, ou l'OLP, ils assoient leur autorité sur la peur engendrée par le conflit. Ils se présentent comme les protecteurs, ou les vengeurs, des populations spoliées et en danger, et c'est ce qui fait leur légitimité et leurs succès dans les élections. La peur et les désirs de revanche leur servent d'agents électoraux, et ils ont intérêt à souffler sur les braises.

    2. Les États qui parrainent les négociations n'ont pas non plus intérêt à la paix. Les États-Unis, faiseurs de pluie et de beau temps, vendent des armes et des technologies militaires aux deux camps, s'appuient sur le conflit pour maintenir leur influence (diviser pour régner). L’Égypte et les autres pays arabes maintiennent leur pouvoir intérieur sur une soi-disant solidarité avec les Palestiniens, dérivatif à leurs problèmes internes et facteur émotionnel de mobilisation populaire derrière les gouvernements « anti-sionistes ».

    3. Le but même des négociations est autodestructeur. Une négociation fondée uniquement sur la division d'un territoire est par définition un jeu à somme nulle, c'est-à-dire que ce que gagne l'un est ce que perd l'autre. Elle ne peut donc qu'engendrer des frustrations et des désirs de revanche. Ces négociations sont faites pour échouer !

     

    Créer une dynamique positive

     

    Des négociations entre les deux peuples ne peuvent avancer et avoir des chances d'être plébiscitées par les populations que si elles offrent des perspectives de progrès, d'espoir, de vie meilleure pour les uns comme pour les autres. Les négociations actuelles sont basées sur des concessions qu'aucune des parties n'est prête à consentir. Au contraire, l'inversion de la logique, passer de la division à l'addition, permettrait de dégager des perspectives et des intérêts communs, des espoirs partagés, des entreprises communes, une dynamique positive qui balaierait les réticences et les haines rétrogrades.

     

    Deux exemples de coopération entre Juifs et Arabes :

     

    • Le West-Eastern Divan Orchestra, créé en 1999 par Edouard Saïd, intellectuel palestinien, et Daniel Barenboïm, pianiste et chef d'orchestre israélo-argenti, regroupe de jeunes musiciens juifs et arabes, et joue régulièrement, chaque année, dans différents pays du monde, y compris arabes lorsque c'est possible ;

    • Le synchrotron Sesame, construit en Jordanie, par la Jordanie, l'Autorité palestinienne, l'Iran, Israël, ainsi que Bahrein, Chypre, l'Egypte, le Pakistan et la Turquie, sera inauguré le 16 mai 2017.

     

    Certes, ce sont deux gouttes d'eau dans un océan de violences, de haine et d'incompréhension. Mais ils peuvent et doivent servir de modèle de ce qui peut être fait pour que les deux peuples travaillent ensemble et s'enrichissent mutuellement. De ces coopérations peut naître une compréhension mutuelle, et elles servent de preuve que le travail commun est possible et est une source de profit pour chacun.

     

    Pour cela, un cadre juridique nouveau est peut-être à inventer. Il s'agirait de proposer une union, économique et politique, entre les deux entités israélienne et palestinienne, peut-être sur le modèle de l'Europe. Le terme d' « État » ne serait pas approprié, car il supposerait la reconnaissance de l’État palestinien comme un préalable, or c'est précisément l'un des points de blocage actuels. Il faut considérer les deux interlocuteurs comme des entités politiques et juridiques dont le statut n'est pas nécessairement étatique. Dès lors, une alliance entre ces deux entités est envisageable pour faciliter le développement de projets économiques et culturels communs, susceptibles de développer l'espoir d'un avenir meilleur dans les jeunesses des deux peuples, et, donc, une dynamique en faveur de la paix, étape suivante.

     

    La France et l'Allemagne, jadis « ennemis héréditaires », se sont réconciliées non pas en se partageant la Ruhr, ou l'Alsace et la Lorraine, mais en travaillant ensemble dans la CECA (Communauté européenne du charbon et de l'acier), d'abord, puis dans la communauté et l'Union européenne. Substituer un objectif commun de progrès à la confrontation sur un « partage » d'une région n'est pas la panacée, mais c'est probablement une des conditions de la réussite. Vive l'union israélo-palestinienne !

     

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    Sous l'appellation « populistes », on regroupe des politiciens qui ont en commun de se prétendre « anti ». Anti-système, anti-establishment, anti-mondialisation, anti-bureaucratie, anti-métissage, anti-Europe. Il se prétendent aussi candidats du « peuple », sous prétexte que tout ce à quoi ils s'opposent, ou disent s'opposer, serait « anti-peuple ». Ce mot de « peuple » est commode, parce qu'on ne sait pas très bien ce qu'il désigne, un peu tout le monde, finalement, donc vous et moi, électeurs potentiels de ces candidats « du peuple ».

    Mais qui sont-ils ? Le Pen, en France, Trump, aux Etats-Unis, des milliardaires. Le Pen, fille de son père, châtelain de Montretout et héritier des ciments Lambert, malgré les soi-disant différends qui les opposent. Phillipot, énarque. Marion Maréchal, ancienne de Sciences-Po, Collard, grand avocat, etc. Voila les « candidats du peuple » !

    Les "candidats du peuple"

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