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    La loi El Khomri représente une évolution par rapport à la « loi-travail » initialement prévue. Les syndicats estiment qu'elle a évolué dans le mauvais sens, favorisant le travail précaire. Le patronat estime qu'elle a évolué dans le mauvais sens, en faisant des « cadeaux » aux salariés, aux jeunes et en surtaxant les emplois de courte durée. Comme d'habitude, tout le monde est dans la surenchère et le « Hollande bashing »

     

    Il y a un point essentiel, en tout cas, sur lequel elle a évolué dans le bon sens, c'est qu'elle s'adresse maintenant à l'ensemble des « actifs » et non seulement des salariés. Les formes nouvelles de l'entreprise obligeaient à cette extension. Agriculteurs, commerçants franchisés, « uber travailleurs », tous qualifiés jusqu'à présent d'indépendants et ne relevant pas du code du travail, ont maintenant vocation à être protégés par celui-ci. Pour le moment, le projet de loi ne cite expressément que « les travailleurs qui recourent, pour l'exercice de leur activité professionnelle, à une plate-forme de mise en relation par voie électronique », et leur accorde deux droits fondamentaux des travailleurs, le droit de constituer des syndicats et celui du « refus concerté de fournir leurs services », équivalent du droit de grève.

     

    Il s'agit d'une avancée sociale considérable de deux points de vue. D'abord, il fournit la possibilité de gérer de manière organisée les conflits opposant, comme on l'a vu récemment, par exemple les chauffeurs de VTC avec les plates-formes type Uber. Ensuite, il montre que la loi doit et peut s'adapter aux évolutions de l'économie, pour les encadrer et les canaliser dans le sens d'un compromis social. C'est peut-être ça, le hollandisme.

     

    Modestement, je rappelle que j'avais écrit récemment un blog sur ce sujet et préconisé la prise en considération des travailleurs non salariés (cf. ).

     

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    En ce moment se négocie le Traité de libre-échange entre l'Europe et les Etats-Unis. On sait qu'un de enjeux importants est l'autorisation, nulle, partielle, ou totale, de l'importation d'OGM (Organismes génétiquement modifiés), comme le maïs transgénique, blé, tomates, etc. en général des végétaux.

     

    Jusqu'à présent la production d'OGM se faisait par ajout d'un gène pris dans une autre espèce ou autre variété (transgénèse), et c'était là la définition de l'OGM. Mais de nouvelles techniques de modification du patrimoine génétique existent maintenant, par modification directe des gènes propres de l'organisme. Ces organismes modifiés n'entrent pas dans la définition ancienne des OGM et risquent donc d'être considérés comme des organismes « naturels ».

     

    La question, en fait, ne devrait pas être : « OGM ou non ? », mais : « Quels traitements a subi tel organisme, et quels en sont les avantages et les inconvénients (voire dangers …). En attendant, la négociation du Traité transatlantique, continue et risque fort de passer à côté des vraies questions de santé et d'environnement posées par les manipulations génétiques.

     

     

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    France Inter, ce matin. Bernard Guetta commente le voyage de Hollande en Egypte. Bien, le discours sur la démocratie et les droits de l'homme, enprésence du maréchal Sissi et des médias, démocratie qui n'est pas une contrainte, mais une arme dans la lutte contre le terrorisme. Sauf que, selon Bernard Guetta, le régime Sissi, au lieu d'être soutenu en lui vendant des armes, comme le fait Hollande, doit être combattu, puisque c'est une dictature militaire, qui justifie, justement, les insurrections terroristes.

     

    Et Bernard Guetta de refaire l'Histoire : le président Morsi, Frère Musulman, mais pas terroriste, qui avait été démocratiquement élu, a été renversé par l'armée et non par le peuple. Il aurait fallu qu'il soit renversé aux élections suivantes, et ill'aurait assurément été, puisqu'il s'était montré incapable de gouverner. Soutenir Sissi, c'est donc pareil que souteir Assad en Syrie, deux dictatures qui donnent malheureuselent raison aux terroristes qui apparaissent comme la seule force d'opposition.

     

    Le problème, avec ce genre de raisonnement, c'est qu'il fait abstraction de la réalité. Sissi, qu'on l'aime ou pas, est là et bien là ! Et il faut faire avec. Assad a été contesté au début par des manifestations pacifiques que Hollande avait soutenu à l'époque, appelant les Eats-Unis à les aider à chasser Assad, sans être suivi par Obama. Sissi ne fait pas l'objet d'une contestatin démocratique, quelle qu'en soit la raison, qui en est évidemment en grande partie la répression féroce des opposants.

     

    Hollande, en fait, concilie toujours valeurs socialistes et réalisme politique. Eviemment, on peut toujour regretter que ce ne soit pas "mieux". Ce serait mieux si Morsi avait été chassé du pouvoir par la démocratie, mais ce n'est pas ce qui s'est passé. La réalité, c'est le passé, ce qui s'est déjà produit et qu'on ne peut refaire, sauf en rêve, comme Bernard Guetta et la plupart des critiques de Hollande. Hollande qui lui, prend les choses comme elles sont pour tenter de les améliorer, et non de les rêver autrement qu'elles ne sont.

     

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